Ma pratique s’appuie principalement sur la thérapie comportementale dialectique (TCD), dont je partage profondément la philosophie : reconnaître la souffrance telle qu’elle est, sans la minimiser, tout en accompagnant le changement. La TCD offre des outils concrets pour mieux réguler les émotions, réduire les comportements à risque et retrouver un sentiment de contrôle interne. Elle constitue un socle essentiel de mon travail.
Cette approche est toutefois toujours articulée à une lecture psychodynamique et à la thérapie des schémas. Je m’intéresse à ce qui se rejoue dans la relation, à ce qui s’inscrit dans le corps, à ce qui n’a pas pu être dit ou pensé. Les schémas précoces, les modes émotionnels, les expériences d’attachement et d’invalidation émotionnelle occupent une place centrale dans la compréhension du fonctionnement borderline. Ils permettent de donner du sens là où il n’y a souvent que de la honte ou de la culpabilité.
Je porte une attention particulière au rapport au corps. Dans le trouble borderline, le corps est souvent le premier langage de la souffrance. Il parle avant les mots, agit avant la pensée. Les passages à l’acte, les automutilations, les conduites à risque ne sont pas des caprices ni des manipulations, mais des tentatives de régulation émotionnelle. Mon travail consiste à aider la personne à transformer cette relation au corps, pour qu’il devienne progressivement un appui, et non un champ de bataille.
Je travaille de manière ajustée et individualisée. Il n’existe pas de protocole unique ni de solution standard. Chaque personne est différente, chaque histoire singulière. Une part essentielle du travail consiste à chercher, avec la personne, ce qui la touche, ce qui l’apaise, ce qui lui fait du bien. Identifier ce qui procure du plaisir, un sentiment de justesse ou de sécurité permet de créer des points d’ancrage thérapeutiques solides. C’est souvent à partir de là que la confiance se construit, que l’estime de soi se restaure, et que la peur, l’angoisse et l’impulsivité diminuent.